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« Toutes les cartes pour être fort »
21:41 - 19/08/2008 - Eric CAMACHODe notre envoyé spécial
Le perchiste français aborde le concours olympique avec confiance mais il refuse de se fixer un objectif de podium. Une seule pensée obsède Romain Mesnil : se concentrer sur ses sauts.
De notre envoyé spécial à Pékin
Romain Mesnil, vous étiez l’un des porte-paroles du badge « Pour un monde meilleur » et vous voilà à Pékin. Comment cela se passe-t-il ?
Je n’ai pas vu la Chine. Je suis resté uniquement dans les zones officielles. Je suis un peu dans le « Dreamworld 2008 » comme c’est écrit sur les plaques d’égout dans le village. Il y a un sentiment d’être un peu coupé du monde. C’est vrai que les Jeux olympiques, pour les sportifs, c’est tout de même ça. Nous sommes concentrés sur le sport et, ici, tout est nickel. Les gens sont très accueillants. Tout est bien. Je n’ai pas l’impression d’être en Chine. Je m’attendais à ça. J’avais déjà un peu eu cette impression à Athènes.
Est-ce un peu trop aseptisé à votre goût ?
Ce n’est pas la question du « trop » ou « pas assez ». C’est juste comme ça. Cela ne m’étonne pas. Pour nous, athlètes, c’est confortable parce que nous sommes dans un environnement qui nous protège entièrement. Cela nous permet d’être concentré sur ce que l’on fait au niveau sportif. Le cadre est extrêmement agréable. Quand je suis parti à l’aéroport, c’était le même jour que le début de la guerre entre la Russie et la Géorgie. C’est d’ailleurs terrible car cela s’est passé le jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux. On pense évidemment à la trêve olympique. Une fois arrivé ici, je ne me tiens plus informé, je ne sais même plus quel jour on est. A un moment donné, il faut aussi vivre pour soi et faire et ce qu’on a à faire.
Pour quoi êtes-vous là alors ?
Je suis là pour passer des barres, les plus hautes possibles, et regarder ce que cela donne après.
Vous êtes vice-champion d’Europe et vice-champion du monde. L’objectif est-il d’être vice-champion olympique ?
Je ne peux pas me permettre actuellement de me fixer des objectifs de médaille. D’abord parce que cela ne dépend pas que de moi, ensuite parce qu’il y a trois gars qui sont à plus de 6 mètres. Je connais mon potentiel, je pense avoir toutes les cartes en main pour être fort. Maintenant, je ne pense qu’à une chose, c’est réaliser ce que je fais de mieux au saut à la perche : aller à fond, pas forcément bien techniquement. Et puis je me retournerai après le concours pour voir ce qu’il s’est passé.
« Je préfère être dans l’action »
Vous avez été un peu « dans le trou » cette saison au niveau de votre athlétisme. Où en êtes-vous au niveau des sensations ?
Quand je regarde derrière moi, je ne considère pas avoir été dans le trou. J’ai eu une saison un peu délicate avec une semaine de compétition difficile. Par contre, je n’étais pas dans le trou parce que physiquement cela allait bien. J’étais un peu en perte de repères. Maintenant, j’ai fait de bonnes dernières séances techniques. Cela me met dans une certaine confiance sur des perches qui permettent d’aller haut. Je ne vais donc penser qu’à une seule chose : sauter à la perche et passer les barres les unes après les autres. Je pense en avoir les moyens.
Quand vous voyez trois athlètes à plus de 6 mètres cette saison, est-ce que cela vous fait cogiter ?
Je ne dirais pas que cela me fait ni chaud ni froid. Ce sont des gens qui montrent qu’ils sont très forts et qui se placent en favoris. Mais j’ai un record à 5,95 mètres, je me sens bien. Il y a déjà une grosse étape à franchir qui vont être les qualifications. Que ce soit pour des gars à 6 mètres ou à 5,65 mètres, c’est quasiment aussi difficile. Et après on verra en finale ce qu’on peut faire et la manière dont on peut avancer.
Le fait qu’il y ait peu de chances de médailles dans l’athlétisme français vous rajoute-il de la pression ?
Tout le monde est là pour faire du mieux qu’il peut. Tout le monde a la volonté d’être à sa performance maximale le jour J. Se fixer des médailles, c’est bon pour le Ministère, pour le Directeur Technique National, pour certains sportifs qui peuvent mettre en avant leur sport. Au saut à la perche, il y a un petit côté aléatoire qui est plus délicat à gérer. Chacun vit cela à sa manière et je préfère être dans l’action. Je dois faire des sauts, passer des barres et c’est là-dessus que je me concentre.
EXTRAS
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LE SAVIEZ-VOUS
En 2008 cela sera la 10ème fois que le meeting a lieu au Stade de France

