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« J’en avais sous le pied »
20:36 - 21/08/2008 - Eric CAMACHODe notre envoyé spécial
Leslie Djhone ne cachait pas son amertume à l’issue de la finale du 400m. Le Français s’est blessé au début de la course et a refusé d’arrêter. Mais il sait qu’il a laissé passer une grosse occasion.
Leslie Djhone, comment expliquez-vous cette cinquième place ?
Je me blesse dès les vingt premiers mètres et je fais la course en mettant une jambe devant l’autre. Je sors frustré de cette finale quand je vois que le troisième fait 44’80 et le deuxième 44’74. Je sais que je peux faire mieux et là, même en me claquant, je fais 45’11.
Aviez-vous senti la blessure venir ?
J'avais déjà ressenti une douleur aux ischio-jambiers après la demi-finale. Mais l'échographie que j'ai faite n'avait rien décelé et je ne m'en étais pas plus inquiété plus que cela. A l’échauffement, cela allait. J’avais oublié cette douleur. J’ai voulu pousser dans les blocks pour bien me lancer et, en phase de redressage, j’ai senti un gros « crac » dans l’ischio-jambier droit. Je ne pouvais rien faire.
Pourquoi n’avez-vous pas abandonné ?
On n’abandonne pas dans une finale olympique. Tout simplement. J’ai serré les dents même si je savais que j’avais très mal. J’ai la chance de pouvoir faire une finale olympique et je m’interdisais d’arrêter même si la douleur était bien présente. Certains se sont blessés avant les Jeux et n’ont pas pu venir donc je me devais de continuer. Je ne pouvais pas m’arrêter, cela n’aurait pas été respectueux.
« Le gâteau a explosé en route »
Vous sentiez que vous pouviez accéder au podium ?
Faire cinquième comme cela… C’est d’autant plus frustrant que je me sentais bien aux premier et deuxième tours. J’en avais sous le pied. Je pense que j’avais vraiment bien construit ma saison. Je faisais des meilleurs temps que l’an passé à l’entraînement. J’avais bien construit mes séries et la demi-finale. Il restait juste à poser la cerise sur le gâteau. Mais le gâteau a explosé en route.
Quelle était la tactique de votre entraîneur François Pépin ?
Il ne fallait pas que je sois décroché de Wariner dans les 250 premiers mètres et, ensuite, je devais serrer les dents. Je savais que le Bahaméen Chris Brown allait me pousser aux fesses donc je voulais m’accrocher à lui. Je voulais tout de suite accrocher le wagon mais ça a pété d’entrée.
Avez-vous encore une chance de faire le relais ?
Il y a une chance sur cent que je fasse le relais. Je ne vois pas comment je pourrais courir maintenant. Je vais voir ce que l’échographie ou l’IRM va donner mais je pense même que c’est la fin de ma saison.
Que pensez-vous de LaShawn Merritt, le nouveau roi du 400 mètres ?
On le sentait venir. Merritt était très serein, Wariner beaucoup moins. Il fallait s’en douter un peu en changeant de coach en cours de saison. Il s’était fait battre aux sélections US et on connaît l’importance de cette compétition là-bas pour eux. Personne n’est invincible. Hier c’était Wariner, aujourd’hui c’est Merritt, demain ça sera peut-être Bolt…
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LE SAVIEZ-VOUS
En 2008 cela sera la 10ème fois que le meeting a lieu au Stade de France

